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Les paroles de la chanson
« Chanson pour caryl chessman »
Jean Arnulf

Soir de printemps cousu de bruits
Il est dix-huit heures à Paris
A Saint-Quentin, Californie
Trois gardiens ont ouvert sa porte

Il attend depuis douze années
Il a fini de répéter
Et le printemps devient l’été
Il regarde derrière la porte

Décor de grille et de murs peints
L’horreur de son dernier matin
L’emmène au bout de son destin
Bascule à la dernière porte

Pas un ami, pas une fleur
Il entend les coups de son cœur
Et demande s’il a peur
Un éclair noir lui fait escorte

On fait brûler dehors
Un flambeau d’or

Plus perdu qu’un enfant
Il marche et dort
Plus froid que le néant
Il marche et dort
Plus âpre que le temps
Il marche et dort
Plus tendre que le vent
Il marche et dort

On fait brûler dehors
Un flambeau d’or

Il entre en souriant
Il est tout pâle
Mains attachées au banc
Il sait encore
Le flambeau dans le vent
Berce sa mort
Comme on berce un enfant
Dors, l’enfant, dors

On a éteint dehors
Chessman est mort

Soir de printemps cousu de bruits
Dix-huit heures huit, heure de Paris
A Saint-Quentin, Californie
Les ailes du matin l’emportent

Le cœur des autres condamnés
Ecoutent son cœur s’envoler
Adieu Chess
Que le vent te porte

La justice remet ses gants
Elle a mangé un autre enfant
Mais celui-ci en s’en allant
Pose ses livres à notre porte

Livres de fureur et de bruits
Livres de peur, livres de nuit
Qui frappent encore à notre porte

Tout est éteint dehors
Chessman est mort