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Les paroles de la chanson
« La gavotte des bâtons blancs »
Lily Fayol

La nuit descend, l’ombre s’étend
C’est pas du tout rassurant
- Haaaaa!
Où ça, mon Dieu? Un cri affreux
Vous fait dresser les cheveux
- Au secours!
Un long frisson vous fout les nerfs
Il y a du crime dans l’air
Il rôde des ombres d’assassins
L’étrangleur n’est sûrement pas loin

Mais nous, les agents de la circulation
On entend ça sans émotion
Les champions du petit bâton blanc, c’est nous!
Les assassins, c’est pas pour nous!
On peut étriper, incendier ou voler
Notre consigne, c’est d’pas bouger
On fait un effort parce qu’on est courageux
Pour pas voir ça, on ferme les yeux
Si on s’écoutait, bien sûr, on bondirait
Mais sans nous, voitures et piétons, qu’est-ce qu’ils feraient?
Tout s’emmêlerait, se télescoperait
Vous seriez bien avancés après

Non, non, nous, les champions du petit bâton blanc
Il faut rien voir ou faire semblant
Si vous trouvez qu’il y a trop de crimes dans l’quartier
Adressez-vous au brigadier!

Hep, le vélo
Hep, la moto
Alors, on grille les signaux?
Protestations?
Contravention!
Prochaine fois, f’rez attention!

Il fait un temps frigorifiant
A pas mettre dehors un agent
Dire qu’il y en a qui sont dedans
Et qu’ils boivent des bons grogs bouillants
Glou, glou, glou
Nous, pendant c’temps-là, il faut verbaliser
La goutte au nez, ratatinés
Dans nos chaussures noires, nos tout petits petons
Pauvres mignons, sont des glaçons
Et comme le croiront les gens d’mauvaise humeur
Tous les quarts d’heure, un paon siffleur
Nous traite de péquenots, de vendus, d’abrutis,
De vieux débris et j’en oublie
Comme on est très sourds, on n’répond rien du tout
C’est que ça s’attrape tellement vite un mauvais coup!
Sur notre calepin, d’une tremblante main
On relève le nom du pékin
Oui, puis on remet en marche son p’tit bâton blanc
En se disant «Plus que quinze ans
Et à la retraite on pourra, comme piéton,
Traiter les flics de tous les noms!»

Et voici un concerto en ut fa dièse majeur pour sifflet à roulette