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Les paroles de la chanson
« Le thonier »
Anthony Chaplain

Ce soir je m’en vais vers le large
Sur ce rafiot,qui a passé l’âge
De pleurer chaque départ,
paré pour larguer les amarres
On embrasse les femmes,les enfants,
on s’verra pas avant longtemps
Les matelots font la prière, à bord de ce vieux loup de mer

Ce trois-mats de baie de saint Malo, attire les bonshommes, les badauds
Qui pour rien au monde mettraient l’ pied,
Sur ce navire, machine a tuer
Qui fait pleurer dans les chaumières, quand les maris ne reviennent guère
Laissant leurs entrailles aux poissons, le corbeau meurt a la maison

A la porte du voyage
Quand le corbeau prévoit l’orage
Les femmes saluent leur marin
Un vieux mouchoir blanc dans la main
A la porte du voyage
Le vent prend les voiles à son bord
Direction la mer du nord
Adieu les falaises du Tregor

On charge on remplit le thonier,
la vinasse qui va nous réchauffer
Cette vieille barque n’a qu’à bien se conduire,
on s’bourre la gueule pour mieux la t’nir
Les chaloupes n’en font qu’à leur tête,
et le vieux Jacques n’a plus sa tête
Il dit qu’pour lui c’est la dernière, qu’il va la glisser en mer

A la porte du voyage, quand le corbeau sort de sa cage
Nous on s’enferme dans c’te caveau,
ça nous mène les tripes en bateau
A la porte du voyage, j’ te raconte pas comme c’est la guerre,
Quand faut t’nir le monstre en pleine mer
Ce soir j’l’ai amer, on pêche le malheur, Bon Dieu! c’est l ’horreur

Trois cent corbeaux survolent la mer
Trois cent marins finissent au cimetière
C’est un peu ça mon vieux, la mer n’est pas un jeu

Pourtant moi j’peux pas me passer de l’océan pour exister
M’échapper au large, trouver la liberté
C’est un peu ça mon vieux, la mer me rend heureux

Ce trois-mâts au bord du suicide,
amarré par quelques vieux bouts
Qui n’en peuvent plus d’ tourner en rond,
pour ne pas finir dans le fond
C’te trois-mâts qui devient fragile,
jouant les durs pour pas qu’on l’engueule
Pour pas qu’on l’oublie dans un port,
visité par quelques croque-morts

A la porte du voyage, quand le corbeau sort de sa cage
Nous on s’enferme dans c’te caveau,
ça nous mène les tripes en bateau
A la porte du voyage, j’ te raconte pas comme c’est la guerre,
Quand faut t’nir le monstre en pleine mer
Ce soir j’l’ai amer, on pêche le malheur, Bon Dieu! c’est l ’horreur... ma mère