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Les paroles de la chanson
« Mon sébasto »
Jean-Roger Caussimon

Mon vieux boulevard Sébastopol
On est, toi et moi, deux poteaux
Alors permets que je coupe le "pol"
Et que je t’appelle : mon Sébasto...

Ça me plaît que tu commences au bord de la Seine
Avec ses chalands avec ses reflets
J’ai toujours aimé les belles mises en scène
Et dans mon enfance, y avait du Châtelet...
J’ai si bien gardé le goût du miracle
Que j’ revois là-bas tous ces beaux messieurs
Et Sarah Bernhardt monter dans son fiacre
Et la tour Saint-Jacques pencher dans le bleu

Mon vieux boulevard Sébastopol
Les souvenirs c’est des vieux oiseaux
Fais qu’y s’en aillent, fais qu’y s’envolent
Et que je rigole... mon Sébasto...

T’as tellement la bosse du petit commerce
Que pour seriner le credo du crédit
Tu joues les ténors même sous les averses
Et que toi, tu bosses même le lundi
T’aimes bien voir passer devant tes étalages
Les petits amoureux bras dessus, bras dessous
Leur ciel est tout bleu de se mettre en ménage
Toi, tu fais le nuage et tu prends leurs sous

Mon vieux boulevard Sébastopol
Quand, le soir, t’as baissé tes rideaux
T’enlèves ta cravate et ton col
Et tu deviens bath... mon Sébasto...

Faut voir comme rapplique aux dessous de tes lampes
Le long régiment des filles venues
De la rue Saint-Denis ou de la Quincamp’
Et puis leur panique quand l’ flic est en vue
C’ qu’on fait avec elles, y faut le faire vite
Et pas s’attarder même si ça vous plaît
Moi, ça m’est égal, je n’ai plus qu’un rite
C’est le cornet de frites et le beaujolais...

Mon vieux boulevard Sébastopol
Si tout à l’heure brille le couteau
Du gars nerveux ou du mariole
Referme-le... mon Sébasto...

Mais y a ceux qui restent à vider leur verre
Pendant que toute la nuit le pick-up s’en fout
Nègres, matelots, veufs et légionnaires
Ils font de grands gestes et se disent tout
Le vent du passé leur pousse des vagues
Leur fait boire un coup et c’est si amer
Qu’ils se tiennent entre eux, vacillent et zigzaguent
On dirait des algues au fond de la mer

Mon vieux boulevard Sébastopol
C’est pas des péchés capitaux
Les septièmes ciels mouillés d’alcool
C’est du véniel... mon Sébasto...

Aux lueurs d’aurore, il faudra leur faire
A tous ces paumés, un cadeau, une fleur
Quand ils se verront toujours sur la Terre
Et que vivre encore leur lèvera le coeur
Prends-les par la main et puis les emmène
Du côté des Halles et sans te faire voir
Quand on leur donnera leur noir ou leur crème
Ajoute toi-même un sucre d’espoir

Mon vieux boulevard Sébastopol
Y a tous tes piafs qui chantent là-haut
Et tes mômes qui vont à l’école
A la prochaine... mon Sébasto...
A la prochaine... mon Sébasto...